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Tarifs de Trump : des caisses canadiennes épargnées, des canots bientôt frappés à 50 %

il y a 2 jours
4 min de lecture
Une caisse au ruban déchiré côtoie un tapis sous un tampon rouge, dans une illustration texturée.
Illustration éditoriale générée par IA pour Claire Vue, 24 octobre 2026. Scène symbolique. Création originale; utilisation selon les conditions d’OpenAI. Provenance. Droits et conditions.

Washington retire certains produits de sa liste tarifaire à compter du 30 octobre, mais en ajoute d’autres. Derrière l’allègement annoncé, le coût de la confrontation change de place pour des entreprises des deux côtés de la frontière.

À retenir

  • Certaines caisses, machines et feuilles de contreplaqué échappent au tarif supplémentaire de 50 % dès le 30 octobre.

  • Des produits canadiens, dont certains canots, tapis et climatiseurs, s’ajoutent à la liste.

  • Ce changement décidé par Washington n’est pas une entente commerciale avec Ottawa.


Les producteurs de bleuets du Maine utilisent des caisses canadiennes conçues pour leurs équipements de transformation. Les remplacer n’est pas aussi simple que changer de magasin. La sénatrice républicaine Susan Collins invoque précisément cette dépendance pour saluer, le 23 octobre, leur exemption des tarifs américains. La politique présentée comme une protection des travailleurs américains avait donc aussi alourdi la facture de producteurs américains.

Pour suivre les décisions qui déplacent ainsi les coûts entre entreprises et consommateurs, connectez-vous gratuitement à Claire Vue.


Donald Trump vient de signer une proclamation qui remanie les droits de 50 % sur des produits canadiens. Elle retire des marchandises de la liste, mais en ajoute d’autres. Pour les entreprises canadiennes qui vendent les produits nouvellement visés, la frontière américaine devient plus coûteuse le 30 octobre.

Les fermes américaines ont besoin de fournisseurs canadiens

Dans son communiqué sur les exemptions, Collins dit être intervenue auprès du représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et du secrétaire au Commerce, Howard Lutnick. Elle soutient que plusieurs équipements et emballages ne sont pas disponibles aux États-Unis ou coûteraient très cher à remplacer.

Son bureau donne un autre exemple concret : un fournisseur américain a cessé de fabriquer certains grands contenants de carton utilisés dans l’agriculture. Des producteurs doivent alors se tourner vers le Canada. Taxer ces achats ne crée pas immédiatement une solution de remplacement.

Collins défend les intérêts de son État et revendique le mérite de l’allègement. Reuters et l’Associated Press rapportent cette intervention alors qu’elle mène une course serrée pour sa réélection. Cela situe la pression politique; ce n’est pas une preuve que chaque exemption a été choisie uniquement pour des raisons électorales.

Susan Collins pose en veste rouge dans un corridor à colonnes.
Archives — portrait officiel de Susan Collins. La fiche Commons indique une prise de vue en 2014; le fichier actuel y a été téléversé en 2022. Crédit : U.S. Congress. Domaine public, photographie du gouvernement fédéral américain. Fichier inchangé. Provenance. Droits et conditions.

Le répit d’un fournisseur devient la difficulté d’un autre

Les listes publiées avec la proclamation montrent ce que les annonces générales cachent facilement. Certains emballages de plastique et de carton, des machines de tri agricole, des équipements frigorifiques et des contreplaqués minces quittent la liste. À l’inverse, des catégories précises de shampoings, peintures, tapis, canots et congélateurs y entrent.

Les catégories comptent. Tous les articles d’un même secteur ne reçoivent pas le même traitement : certains équipements frigorifiques sont retirés, tandis que les congélateurs-coffres visés par un autre code sont ajoutés. Un fabricant ne peut donc pas déduire son sort d’un titre annonçant un répit pour « la réfrigération ».

L’importateur doit acquitter le droit à la douane américaine. Ensuite, acheteur et fournisseur peuvent se partager le coût par leurs prix et leurs marges, ou perdre une transaction. Exemple hypothétique : sur une valeur en douane de 10 000 $ US, un droit supplémentaire de 50 % représente 5 000 $ US, avant les autres droits applicables. Ce calcul illustre le taux; il ne mesure pas une commande réelle ni une hausse automatique du prix en magasin.

Des voies d’accès et une enseigne pour les camions devant le poste-frontière américain de Champlain.
Archives — poste-frontière entre Champlain et Saint-Bernard-de-Lacolle. Date de prise de vue non précisée; fichier présent sur Commons depuis août 2009. Photo : Atilin, CC BY-SA 3.0. Fichier inchangé. Cette vue ne montre pas l’application des tarifs de 2026. Provenance. Droits et conditions.

Washington garde la main sur la liste

La Maison-Blanche justifie le remaniement par l’intérêt public et sa volonté de contrer les pratiques canadiennes qu’elle qualifie de discriminatoires. Ces droits répondent au régime canadien visant les véhicules américains, que Washington qualifie ainsi. Le retrait de produits nécessaires aux fermes américaines expose toutefois un coût intérieur de cette stratégie : pénaliser un fournisseur canadien peut aussi pénaliser son client américain.

Notre reportage sur l’échec des négociations Canada–États-Unis, publié en août, expliquait comment l’accès au marché américain était devenu un levier de pression. Le changement actuel en montre une autre dimension : sans nouvelle entente, Washington peut déplacer ce levier d’une marchandise à une autre. Les demandes d’août et les exemptions d’octobre ne sont pas une même décision.


Les changements s’appliqueront aux marchandises déclarées à la consommation ou sorties d’entrepôt à partir du 30 octobre à 0 h 01, heure de l’Est. Les produits ajoutés restent visés même s’ils respectent les règles d’origine de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Les droits sectoriels américains peuvent également s’ajouter lorsqu’ils s’appliquent.

La proclamation ne chiffre pas la valeur commerciale retirée ou ajoutée. Elle ne permet donc pas d’annoncer un allègement net pour le Canada. Ce qui est acquis, c’est le répit ciblé de certains fournisseurs et le nouveau coût imposé à d’autres. Les entreprises restent exposées à une liste que le président américain peut modifier, plutôt qu’à un règlement négocié qui stabilise leurs échanges.

Pour approfondir les mécanismes qui distribuent ces coûts, Devenir Membre Enquêteur donne notamment accès à l’intégralité des enquêtes Claire Vue.

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