top of page
CLAIRE-VUE-logo

CLAIRE VUE INFO

ARTICLES

Hausse de loyer : au Québec, le silence du locataire peut valoir un oui

il y a 3 jours
4 min de lecture
Une porte d’appartement reçoit un avis; une ombre évoque une aiguille d’horloge.
Illustration éditoriale générée avec l’IA pour Claire Vue, 23 octobre 2026. Scène symbolique, sans locataire réel. Provenance.

Un locataire peut accepter une hausse de loyer sans dire un mot : il suffit de laisser passer le délai de réponse. Après le reportage d’Enquête sur l’immobilier, Québec solidaire demande, le 23 octobre, que le contrôle des loyers ne dépende plus de la démarche du locataire.

À retenir


  • Si l’avis respecte les règles, un mois sans réponse peut valoir un oui à la hausse.

  • En règle générale, un locataire peut refuser la hausse et rester dans son logement.

  • Québec solidaire demande de nouvelles protections. Elles ne sont pas encore adoptées.


Le propriétaire propose un nouveau loyer. Le locataire ne répond pas. Un mois plus tard, si l’avis respecte les règles, la loi considère qu’il a accepté la hausse. Aucun juge n’a pourtant eu à en examiner le montant. C’est ainsi que fonctionne le renouvellement du bail, selon le Tribunal administratif du logement.

Pour qu’une hausse puisse être examinée, le locataire doit donc d’abord la refuser à temps. Cette première démarche peut faire la différence entre payer le montant demandé et faire trancher le désaccord par le Tribunal.

Pour mieux comprendre les décisions qui changent le coût du logement, connectez-vous gratuitement à Claire Vue.


Qui doit demander au Tribunal de fixer le loyer?

Après un refus, si le propriétaire et le locataire ne s’entendent pas, c’est au propriétaire de demander au Tribunal de fixer le loyer. Le locataire n’a pas à déposer lui-même cette demande pour contester la hausse.

Le propriétaire doit alors justifier sa demande. À l’audience, il présente les revenus et les dépenses de l’immeuble, avec les documents qui les prouvent. Le Tribunal détermine le loyer; il ne reprend pas automatiquement le montant proposé.

Une hausse acceptée ne passe pas automatiquement devant le Tribunal. C’est aussi le cas lorsque le locataire l’a acceptée en ne répondant pas dans le délai prévu.

Maisons en rangée et escaliers extérieurs, rue Saint-Denis à Montréal.
Photo d’archives : maisons rue Saint-Denis, Montréal, 15 novembre 2015. Jeangagnon / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0; fichier inchangé. Aucun lien établi entre ces immeubles et les pratiques dénoncées. Provenance. Licence.

Un mois pour choisir, pas pour trouver un autre toit

Le formulaire de réponse du Tribunal offre trois choix : accepter les changements, les refuser tout en renouvelant le bail, ou annoncer son départ. Le locataire a un mois après avoir reçu l’avis pour répondre. En cas de refus, le propriétaire a ensuite un mois pour demander au Tribunal de fixer le loyer. S’il ne le fait pas, le bail est renouvelé au même loyer et aux mêmes conditions.

Le droit de refuser en restant dans son logement comporte toutefois des exceptions. Certaines restrictions inscrites au bail concernent les logements de coopérative ou les immeubles construits ou transformés depuis cinq ans ou moins. Lorsqu’elles s’appliquent, le locataire qui refuse doit partir à la fin du bail.

Une condition supplémentaire s’applique à certains immeubles récents. Si le bail a été signé après le 20 février 2024 et que l’immeuble était prêt à être utilisé après cette date, le propriétaire doit aussi avoir inscrit au bail le loyer maximal des cinq premières années. Sans cela, il ne peut pas invoquer cette restriction contre le locataire.

Le coût peut vite s’accumuler. Dans un exemple fictif, un loyer de 1 000 $ qui augmente de 150 $ par mois coûte 1 800 $ de plus sur un an. Ce n’est pas une prévision de ce qu’accorderait le Tribunal, mais une illustration du poids d’une hausse sur le budget.

Avis conforme, silence pendant un mois, puis acceptation présumée; l’autre option est de refuser et renouveler dans le régime ordinaire.
Schéma documentaire Claire Vue, 23 octobre 2026, d’après le Tribunal administratif du logement. Création originale; réutilisation avec attribution à Claire Vue. Provenance.

Un registre des loyers ne change pas le délai de réponse

Le débat a repris après la diffusion, le 22 octobre, de Portes à tout prix, une enquête de Radio-Canada sur des stratégies d’investissement immobilier. Le lendemain, Québec solidaire a réclamé des changements pour protéger les locataires.

Dans son communiqué du 23 octobre, le parti demande un registre obligatoire des loyers et un contrôle qui ne dépendrait plus de la première démarche des locataires. Il veut aussi que leur identité soit masquée dans les plaintes et que l’interdiction temporaire de certaines évictions soit prolongée.

Un registre permettrait de connaître les loyers. À lui seul, il ne changerait toutefois ni le délai pour répondre à une hausse ni les conséquences du silence. Pour retirer cette responsabilité au locataire, il faudrait aussi changer les règles.

Pour l’instant, le propriétaire choisit la hausse qu’il propose, et le locataire doit réagir pour qu’elle puisse être examinée. Celui qui ignore son droit de refuser sans déménager, lorsque les règles le permettent, risque donc de payer davantage sans contester. Ces protections restent des propositions, pas des droits supplémentaires pour les locataires.

Poursuivre l’enquête



Pour approfondir les décisions qui pèsent sur le budget des ménages, Devenir Membre Enquêteur donne notamment accès à l’intégralité des enquêtes Claire Vue.


Sources principales

Commentaires


bottom of page