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Pénicilline en Europe : Sandoz dit son usine menacée par les bas prix

il y a 3 jours
4 min de lecture
Une capsule dans son emballage est reliée à une cuve industrielle lointaine par un fil.
Illustration éditoriale générée avec l’IA pour Claire Vue, 23 octobre 2026. Représentation symbolique de la dépendance d’approvisionnement, sans produit identifiable. Provenance.

Le fabricant de médicaments Sandoz affirme que les achats au plus bas prix menacent sa production de pénicilline en Autriche. Une enquête de Reuters du 21 octobre relance le débat : comment garder des antibiotiques abordables sans perdre les usines qui pourraient fournir les patients en cas de problème ailleurs?

À retenir


  • Sandoz réclame des contrats qui ne reposent pas seulement sur le prix le plus bas.

  • Plusieurs marques de médicaments peuvent dépendre d’une même source d’ingrédients.

  • Garder plusieurs fournisseurs peut coûter plus cher, reconnaît la Commission européenne.


À Kundl, en Autriche, Sandoz fabrique de la pénicilline, un antibiotique. Perdre cette usine laisserait une solution de moins si un autre fournisseur cessait de livrer. Aucune fermeture n’est annoncée à ce stade. L’avenir du site fait l’objet de l’enquête de Reuters publiée le 21 octobre.

Les organismes publics qui achètent les médicaments cherchent à limiter la facture. Le choix du moins cher peut toutefois avoir un coût à plus long terme : si des usines disparaissent, il reste moins de fournisseurs vers qui se tourner en cas de problème.

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Des marques différentes, mais parfois les mêmes ingrédients

Dans un mémoire remis aux parlementaires britanniques le 10 avril 2026, Sandoz explique que des médicaments vendus sous différentes marques peuvent être fabriqués à partir des mêmes ingrédients. Le nombre de boîtes sur une tablette ne dit donc pas combien de sources alimentent réellement le marché.

L’entreprise cite le 6-APA, une matière qui sert à fabriquer des antibiotiques de la famille des pénicillines. Selon ses estimations, environ 90 % de la production mondiale de cette matière se trouve en Chine. Sandoz avance ce chiffre pour défendre de nouvelles règles d’achat qui aideraient notamment ses propres usines.

Pour les patients, cette dépendance compte. Si plusieurs médicaments utilisent des ingrédients provenant d’une même source, un problème chez ce fournisseur peut toucher plusieurs produits à la fois. Il s’agit d’un risque de pénurie, pas d’une pénurie généralisée annoncée.

Vue aérienne du site industriel de Kundl, en Autriche, dans une vallée alpine.
Photo d’archives : site industriel de Kundl, alors sous Novartis, 6 août 2009. Kolipanda / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0; fichier inchangé. Elle ne montre pas l’état des installations en 2026. Provenance. Licence.

Payer aussi pour avoir une solution de rechange

Sandoz critique les contrats qui accordent tout le marché au fournisseur le moins cher. Le fabricant veut que les acheteurs retiennent plusieurs fournisseurs et s’engagent sur plusieurs années. Selon lui, ces contrats aideraient à garder des usines capables de prendre le relais en cas de problème.

Les acheteurs paieraient alors pour les médicaments livrés, mais aussi pour garder d’autres sources disponibles. Reste à savoir combien cette garantie coûterait et ce que les fournisseurs devraient promettre en échange.

La Commission européenne a étudié ces choix en 2025. Elle envisage des contrats qui tiennent compte des stocks, du nombre de fournisseurs et du respect des livraisons. Elle reconnaît que ces exigences peuvent faire monter les prix. Le coût varierait selon les médicaments et les garanties demandées.

Comparer seulement le prix d’une boîte ne répond donc pas à toute la question. Une offre moins chère aujourd’hui peut laisser les acheteurs sans solution de rechange demain. À l’inverse, payer davantage ne garantit pas que les médicaments seront disponibles : tout dépend des engagements pris par les fournisseurs.

Sandoz accuse la Chine de favoriser des prix trop bas

Sandoz demande aussi une enquête européenne sur les ingrédients d’amoxicilline importés de Chine. Selon le fabricant, les subventions permettraient de les vendre en Europe sous leur coût de production. Ces accusations restent à établir. Selon Reuters, Pékin rejette le protectionnisme et soutient que ses aides respectent les règles du commerce.

La demande de Sandoz pourrait protéger sa production, mais aussi réduire la pression de ses concurrents. Pour les acheteurs publics, le défi est de garder assez de fournisseurs tout en obtenant un prix abordable et des engagements de livraison solides.

L’Europe prépare de nouvelles règles sur les médicaments essentiels. Le programme de santé européen EU4Health pour 2026 mentionne un accord politique conclu le 12 mai et prévoit les préparatifs nécessaires à sa mise en place. Il ne confirme toutefois aucun nouveau contrat qui protégerait déjà l’usine de Kundl.

Pour les patients, l’enjeu dépasse le prix affiché : encore faut-il pouvoir obtenir le médicament. La réponse se jouera notamment dans les prochains contrats. Le nombre de fournisseurs réellement indépendants et leurs engagements de livraison diront ce que les acheteurs obtiennent en échange du prix payé.

Poursuivre l’enquête


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