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Centres de données : Google défend les anciens tarifs, Hydro réclame davantage

il y a 4 jours
4 min de lecture
Une armoire de serveurs et une maison partagent une alimentation électrique symbolique.
Illustration originale générée avec l’IA pour Claire Vue, 23 octobre 2026. Composition symbolique : elle ne représente aucune installation réelle.

Hydro-Québec veut faire payer davantage les grands centres informatiques pour limiter les coûts qui pourraient être reportés sur ses autres clients. Google conteste la méthode. Derrière la bataille tarifaire : le prix de la nouvelle électricité, plus chère à fournir que celle dont le Québec a longtemps disposé.

À retenir

  • Hydro propose un tarif particulier pour les centres de données dont la puissance autorisée atteint au moins 5 mégawatts.

  • Google demande de conserver les tarifs existants pour les installations actuelles, en attendant une révision justifiée par les coûts.

  • La hausse demeure une proposition; d’autres audiences sont prévues en décembre.


Hydro-Québec soutient que la croissance des centres de données exige de nouveaux approvisionnements en électricité. Qui doit en payer le coût? C’est ce partage qui l’oppose à Google devant la Régie de l’énergie, l’organisme qui examine les tarifs demandés.

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Centres de données : deux façons de répartir la facture

Les centres de données hébergent des serveurs qui stockent et traitent de l’information. Certains servent à l’intelligence artificielle; le secteur ne se limite pas à cet usage.

Dans sa demande déposée en février, Hydro soutient que la fin des surplus change le calcul. Fournir une demande supplémentaire exige de nouveaux approvisionnements. La société d’État veut fixer le tarif de ces grands clients en fonction de cette nouvelle électricité, plutôt que seulement de l’électricité moins coûteuse déjà disponible.

La différence compte pour les autres abonnés : si une catégorie de clients ne couvre pas les coûts qui lui sont attribuables, ces coûts doivent être récupérés ailleurs. Hydro présente son projet comme un moyen de limiter ce risque. Cela ne démontre toutefois pas, à lui seul, combien chaque ménage paie déjà pour les centres de données.

La centrale hydroélectrique de Beauharnois et son plan d’eau.
Photographie d’archives : centrale de Beauharnois, le 10 août 2014. Auteur : Gilles Douaire. Original et attribution, licence CC BY-SA 2.0. Fichier non modifié. Cette image illustre une infrastructure hydroélectrique; elle n’établit aucun lien d’alimentation avec Google.

Ce que Google conteste vraiment

Dans le mémoire préparé pour l’entreprise par l’expert Collin Cain, elle conteste l’idée de faire supporter à ce secteur les coûts des nouveaux moyens de production. D’autres activités, notamment l’électrification des transports et de l’industrie, contribuent aussi à la croissance de la demande, fait valoir son expert.

Il recommande de rejeter le tarif proposé. Il demande notamment que les installations existantes conservent leur tarif actuel jusqu’à ce qu’un examen général établisse des changements fondés sur les coûts. Ce mémoire défend les intérêts de Google : il ne constitue pas une conclusion de la Régie.

La distinction est décisive. Une hausse peut être nécessaire sans que chaque dollar proposé soit correctement réparti. À l’inverse, le fait que d’autres secteurs consomment davantage ne démontre pas que les centres de données devraient conserver indéfiniment leurs anciennes conditions.

Un prix presque doublé à terme, avec une transition

Pour montrer l’ampleur du changement, Hydro compare deux prix moyens en dollars de 2026 : 6,82 cents par kilowattheure au tarif actuel, contre environ 13 cents au tarif proposé à terme. Le kilowattheure mesure la quantité d’électricité consommée. La comparaison approche le double; elle ne décrit pas la facture de chaque installation.

Les centres auxquels un bloc d’électricité a été octroyé avant 2026 bénéficieraient toutefois d’une transition sur cinq ans. L’illustration d’Hydro passe de 8,06 cents en 2026 à 13 cents en 2030, sans inclure les indexations annuelles. Ce calendrier proposé n’est pas une hausse immédiate de toute leur facture au plein tarif.

Le texte tarifaire révisé le 4 août comporte deux éléments : l’électricité utilisée et la capacité qu’Hydro doit pouvoir fournir. Cette seconde partie est facturée selon la puissance, même si la quantité consommée varie. Réduire le projet à un seul prix de l’énergie ferait donc disparaître une partie de la facture.

Une invitation passée n’efface pas les coûts futurs

Lors des audiences du 1er octobre, l’industrie a rappelé qu’Hydro cherchait auparavant à attirer ces entreprises avec des rabais. Selon le reportage de La Presse canadienne, Hydro répond que le contexte d’approvisionnement a changé.

Cette réponse doit être vérifiée par les coûts, pas simplement acceptée parce qu’elle vient du fournisseur public. La même exigence s’applique à Google : défendre la stabilité de ses prix ne règle pas la question des dépenses que sa demande entraîne.

Ce débat prolonge les questions sur les ressources et le contrôle de l’IA soulevées autour du sommet ALL IN à Montréal. Ici, le mécanisme est concret : le choix du tarif détermine quelle catégorie de clients assumera quelle part de la croissance du réseau.


La Régie prévoit entendre les intervenants et les arguments en décembre. Le dossier consulté ne permet pas de présenter la hausse comme adoptée, ni d’isoler un supplément sur la facture des ménages. L’enjeu demeure d’éviter que l’expansion d’une industrie laisse des coûts mal attribués aux autres abonnés. La décision tarifaire et ses calculs permettront de voir si ce risque est réellement corrigé.

Poursuivre l’enquête

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